j u l i e   b o u f f a r d

Il s’agit de mettre en oeuvre une pratique installative de l’image qui se décline par des séquences vidéos, des projections, des photographies, des montages et des livres qui occupent simultanément l’espace. Cette approche se distingue par une volonté de rendre l’image flexible et constamment renouvelable; de la décortiquer pour mieux détourner sa forme et s’approprier son contenu et ce peut importe sa provenance.

 

Ces images émergent essentiellement du quotidien; de lieux, d’habitudes, de fragments, de déplacements et de mouvements qui n’ont — a priori — rien de spectaculaire. Ce sont des lubies collectées en grand nombre; un bassin dans lequel piger où se côtoient photographies disparates, séquences filmées à la volée et captures d’écrans délibérément figées. C’est en consultant attentivement et fréquemment ce flux d’images que de possibles récits prennent forme. Ceux-ci s’alimentent de similarités formelles et de complicités conceptuelles. Ils se structurent par dédales et fabulations, dans un désir modeste d’offrir au regard une structure narrative malléable dans laquelle il peut errer.

It is about cultivating an image-based practice that simultaneously includes videos, projections, photographs, montages and art books as part of a whole throughout the space. This approach aims to alter images by closely analyzing its forms and by taking ownership of its content, regardless of its provenance. It characterize itself by an ambition to make the image flexible and adaptable, as if it could constantly be renewed.

 

Theses images essentially stems from everyday life; from places, habits, fragments and movements that present — at first glance — nothing spectacular. They are whims collected in heaps. They constitute a pool in which to draw, where mismatched photographs, fragmented videos and cleverly frozen screenshots meet. By frequently and attentively consulting this flow of images, stories began to appear. Those stories feed on formal similarities and conceptual complicities. They are structured by entanglements and figments, in a modest desire to offer the gaze a malleable narrative structure in which it can roam.