j u l i e   b o u f f a r d

J’apparenterais mon processus créatif à une quête;

une recherche perpétuelle d’images pouvant faire partie d’un tout. Le problème c’est que ce tout à tendance à m’échapper.

C’est comme si je tentais de compléter un casse-tête, tout en ayant perdu la boîte d’origine où l’on pouvait apercevoir l’image à reproduire.

J’essaie donc, avec essais et intuition, d’en faire proposition.     

La provenance de ces morceaux m’importe peu.

Ce sont des images fixes, des images en mouvement, des images trouvées par hasard, des images recherchées durant des années, des images construites, des images réappropriées, mais des images. Toujours des images.

Qu’elles aient été repêchées dans les bas fond de l’internet ou qu’elles aient été captées avec attention à l’aide de l’appareil le plus performant du marché, la valeur que je leur accorde est la même. Rien n’est vraiment intéressant seul sur un piédestal. D’égales à égales, les images que j’accumule peuvent interagir plus aisément entre elles et ainsi atteindre une certaine malléabilité de forme et de sens.

Enregistrer est pour moi un acte simple et instinctif, souvent non-prémédité, qui me permet d’expérimenter le monde sensiblement ;

d’extraire le potentiel des choses qui m’entoure.

Tandis que, mettre ensemble des images, dans un contexte d’installation ou encore par la forme plus contenue du livre, est un geste dont le calcul demeure plus raisonné. Il nécessite un certain recul; une vue d’ensemble sur ces choses opère avec le temps afin de tisser des liens, amorcer des dialogues, se faire une idée du tout et recommencer.

EN ANGLAIS SVP /

IN ENGLISH PLEASE...

I would compare my creative process to a quest ; a perpetual search for images that can be part of a whole. The problem is that i can’t seem to have a clear idea of this whole,

as if i’m trying to complete a puzzle while having lost the original box where i could see the image to recreate.

So i then try, with trial and intuition, to make a proposal out of it.

The provenance of those pieces does not matter to me. They can be fixed images, moving images, fortunately founded images, images that took years to find, constructed images, reappropriated images, but images. Always images.

Taking pictures is for me a simple and instinctive act which is too often un-premeditated. It allows me to experience the world in a sensible manner ; to extract the potential of my surroundings.

Whether they were caught in the web’s depths or were captured by the most sophisticated cameras there are, i don’t mind. The value that i attribute them is the same.

When you think of it, nothing is really interesting alone on it’ own pedestal. As equals, the images that i accumulate can interact more fluidly with each other and thus reach a certain malleability of form and meaning.

While, putting things together, in a installation context or in the more contained form of the book, is a more calculated act. It requires some hindsight ; an overall view on things that operates in times to joint ties, to activates dialogues, to get an idea of everything and start all over again.